Voilà quelques jours que le Telegraphe accueille la Compagnie Microscopique - représentée par Éloïse Mercier - en résidence de création pour son nouveau projet, PRÊTER L'OREILLE. Une tentative qui fait appel aux sens, et plus particulièrement à celui de l'ouïe, pour exprimer peut-être ce qui se dit dans l'infiniment petit, dans l'infiniment grand aussi.
Quel son du vivant, qui vous est inaccessible, aimeriez-vous pouvoir entendre, décoder ?
Que signifie pour vous communiquer ?
Quelles sensations provoquent en vous la mer ?
Quel rapport entretenez-vous avec les coquillages ?
Ces quelques questions, et d'autres encore plus poétiques, aiguillent le travail de recherche d'Éloïse pour cette création en cours, qui offrira des paysages sonores bouleversants d'intime et d'universel.
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Auteure, metteure en scène et comédienne, Eloïse Mercier crée au sein de la Cie Microscopique des spectacles immersifs. Partant de l'écriture et du son, parfois des images, elle tisse des histoires poétiques et sensorielles qui nous emmènent ailleurs. En collaboration avec Antoine Bertin, artiste-chercheur qui sonorise l’imperceptible, ce nouveau projet « PRÊTER L’OREILLE » s’invente dans une approche à la fois scientifique et fictionnelle, articulant récit et données brutes, comme une oreille tendue vers toutes les choses qu’habituellement on n’entend pas. Le vivant qui nous entoure et nous compose, des choses ténues, furtives, mais aussi ce qui crie et qu'on ne veut pas entendre. Ce que l'on n’arrive pas à exprimer. Il s’agit ici de tenter de raconter notre rapport au vivant silencieux, de trouver les mots qui manquent pour dire ce qui nous relie.
Dans le cadre de ce projet de création, une étape de travail sous forme d’installation plastique et sonore, intitulée Si mon cœur était un coquillage est exposée au Telegraphe d’octobre à avril 2025. Cette œuvre, composée de trois coquillages géants, réalisés en grillage, papier et plâtre, dissimule des sources sonores, diffusant des partitions différentes, en lien avec les thématiques du vivant et de l’écoute, de la mer, de toutes les mères et des liens, comme des silences que l’on entretient avec elles. Ces montages sonores proviennent des interviews et enregistrements de terrain réalisés avec Antoine Bertin, mais aussi des entretiens sensibles menés avec les publics du territoire toulonnais ou encore des réflexions poétiques, philosophiques, dramaturgiques qui ont accompagné Éloïse Mercier au cours de sa recherche.
Dans sa manière d’être donnée à entendre, la part d’imprévisible de l’œuvre sera volontairement mise en exergue. Inévitablement changeante, vivante, elle sera soumise à des micros-décalages aléatoires de rythme, comme dans la nature fluctuent les variations de l’air, de températures ou d’humeurs. Une expérience sensible qui sera ainsi toujours à réécouter et à redécouvrir attentivement.
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Venez à la rencontre d'Eloïse vendredi 3 octobre, à 18h30, pour découvrir la première étape de ce projet, promis à de grands voyages.