Ça commence avec une peur d’enfant comme origine de l’expression puis ça tente d’arracher le texte à la page pour lui donner une dimension corporelle où l’on perçoit en deçà des sophistications de l’écriture le grain physique et l’énergie du souffle primitif de la parole. Ça se poursuit jusqu’à extraire de la conjoncture actuelle des douleurs voire des drames et des colères salutaires.
Les mots qui s’échappent par la bouche, se soucient peu de leur permanence, ils s’inscrivent dans le souffle. Ils connaissent la précarité de leur résonance. Ils ne se préoccupent pas de leur devenir. Ils s’incrustent dans la présence. Ce qui caractérise l’expérience orale de l’écriture et par conséquent la lecture ne se résume pas au seul travail de la voix, elle engage l’ensemble du corps, de la respiration jusqu’à la sueur des mots qui perle à fleur de peau.